Déplacemeent vers la gauche

Nicolas Dhervillers  
Photographies Behind the Future
8 novembre 2012 > 16 janvier 2013

Visibles en permanence dans le SHOWROOM 

Cette deuxième exposition de l’artiste présentée à la School Gallery, permet de dévoiler la nouvelle série du photographe. Elle a été conçue dans le cadre du projet Mono présenté durant l’été et jusqu’à fin novembre à Völklingen en Allemagne, en résonance avec la Documenta de Kassel, à l’initiative de Laurent Le Bon.

Enfin, Nicolas Dhervillers est également entré dans les collections du FMAC (Fonds Municipal d’Art Contemporain de la Ville de Paris) en 2012 et sa photo Priest, issue de la série My Sentimental Archives, sera exposée sur le stand du FMAC à la FIAC du 17 au 21 octobre prochain.

Dans ses prĂ©cĂ©dentes sĂ©ries (My sentimental archives ou Tourists), il y avait dĂ©jĂ  cet air. Un peu d’artifice et de poĂ©sie vespĂ©rale. Dans des forĂŞts, des montagnes, des sous-bois, sur des routes de campagne, des petits hommes passaient. Minuscules incrustes glanĂ©es sur internet ou dans quelques archives. Dhervillers leur donnait une seconde existence, la possibilitĂ© d’une errance Ă©ternelle Ă  travers un temps Ă©pais et envahissant. Chez Nicolas, la nuit est toujours feinte. Elle est littĂ©raire et philosophique. Avec elle, les paysages s’abandonnent et deviennent terres d’égarement, zones alternatives, huit-clos mĂ©taphasiques. Et qu’il ajoute ou non une prĂ©sence humaine Ă  ses « tableaux photographiques Â», Nicolas Dhervillers cherche des âmes Ă  rĂ©veiller et des ciels Ă  endormir. Toujours.

C’est presque une ville et elle est presque morte. La nature est passĂ©e dessus, autour. Elle a fabriquĂ© ses couleurs et sa propre architecture. De la mousse, très verte, a dessinĂ© librement ses formes et s’amuse aujourd’hui avec les restes. Les restes des chemins ferrĂ©s, des larges cuves en cuivre, des grosses machines, des emmĂŞlements de tuyaux, des montagnes de rouille,  des hauts fourneaux. On dirait des entrailles de mĂ©tal, Ă  sec, une acropole de fer, une cathĂ©drale d’acier oubliĂ©e par son dieu, rĂ©voquĂ©e et sans peuple. Cette citĂ© dĂ©saffectĂ©e de six hectares, c’est l’ancienne usine sidĂ©rurgique de Völklingen dans la Sarre, classĂ©e au patrimoine mondial de L’UNESCO. Nicolas Dhervillers l’a traversĂ©e. Il a cherchĂ© sa profondeur et a trouvĂ© dans ses ruines, une beautĂ© entĂ©nĂ©brĂ©e d’une lointaine prĂ©sence. Il est passĂ© dans une zone, pareille Ă  celle de l’OrphĂ©e de Cocteau, un lieu « oĂą la vie est longue Ă  ĂŞtre morte Â», un espace oĂą seul règne le silence des ombres. Il a trouvĂ© plus qu’un paysage, un dĂ©cor, a pĂ©nĂ©trĂ© son rythme, son langage. Il en a fait un prĂ©lèvement sensible, un document esthĂ©tique. Il a poussĂ© ses photographies au-delĂ  de l’archive et du simple constat. Il les a emmenĂ©es ailleurs, dans un passage intermĂ©diaire et Ă©nigmatique, dans une rĂ©gion romantique entre chien et loup, entre la fin du jour et une nuit sans retour. Il y a comme un malentendu dans les clichĂ©s de Nicolas Dhervillers, un anachronisme peut ĂŞtre, qui vient sans doute de cette chute vers l’opacitĂ© et le secret. Toucher aux lumières, au rĂ©el, fabriquer des airs de mystère, d’artifices permet de lutter contre toute forme de nostalgie. 

Extrait du texte de Julie Estève, septembre 2012

voir l'interview d'Arabelle Reille pour Paris Première

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Communiqué Presse

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